Première historique : le premier Plan national de défense, appelé SHIELD, rassemble tous les pouvoirs publics pour renforcer la sécurité civilo-militaire nationale de la Belgique

Dans le cadre de la Stratégie Nationale de Sécurité 2026, la Défense et le Centre de crise National (SPF Intérieur), en collaboration avec les partenaires du gouvernement fédéral et des entités fédérées, ont élaboré pour la première fois depuis la fin de la guerre froide le Plan national de défense (Plan SHIELD). Aujourd’hui, lundi 29 juin 2026, ce plan a été officiellement souscrit lors d’une conférence interministérielle pour la résilience.

Ce plan constitue le cadre commun au sein duquel le gouvernement fédéral et les entités fédérées développeront davantage leur stratégie et leur coopération pour les circonstances de sécurité extrêmes. Le Plan SHIELD part du constat clair que la défense nationale ne relève pas de la seule responsabilité de la Défense. Les services publics du gouvernement fédéral et des entités fédérées ont également un rôle à jouer dans la protection et/ou la continuité des ports, de la cybersécurité, du réseau routier, des voies navigables, des soins de santé et d’autres fonctions. Les entités fédérées saisissent cette opportunité de coopération pour mieux préparer leurs propres services et infrastructures à des scénarios de crise hybrides et militaires potentiels.

Le plan est une mesure préventive, et non une réaction à une menace imminente. Avec le Plan SHIELD, les pouvoirs publics souhaitent être préparés ensemble afin de pouvoir agir rapidement et de manière coordonnée si cela s'avérait nécessaire.

Le Plan SHIELD a été élaboré conformément aux lignes directrices de l'accord de gouvernement fédéral 2025-2029, en étroite collaboration avec les différents départements du gouvernement fédéral et des entités fédérées. Ce plan insiste sur l'ambition de renforcer la sécurité nationale dans un contexte international devenu incertain et imprévisible, et où tous les pouvoirs publics et la société unissent leurs forces.

En tant que plan-cadre civilo-militaire, le Plan SHIELD oriente une coopération étroite entre les différents niveaux de pouvoir et les acteurs concernés. Il vise à améliorer la coordination, à faciliter la prise de décisions politiques rapides et à garantir que, en cas de crise ou de conflit hybride ou militaire, le pays puisse intensifier ses efforts et mobiliser ses ressources de manière rapide et efficace. Il décrit comment nos pouvoirs publics se prépareront progressivement afin d’être en mesure, si nécessaire, de renforcer rapidement leurs capacités et de prendre des mesures supplémentaires. C’est ainsi que nous serons prêts à protéger notre population, nos infrastructures et nos institutions. 

Le plan va au-delà du simple fonctionnement opérationnel : il renforce également la résilience nationale et soutient l’engagement de la Belgique dans le cadre de ses obligations internationales en matière de sécurité et de défense collective. En outre, il prévoit les mécanismes nécessaires pour renforcer, de manière coordonnée et proportionnée, la sécurité du territoire en cas d’activation.

Ce plan, dont les détails ne sont bien sûr pas rendus publics, sera testé par les différentes autorités fédérales et fédérées lors d’exercices nationaux et de l’OTAN, et lorsque nécessaire, traduit davantage en plans et réglementations propres. Il fournit une orientation stratégique et pourra, si nécessaire, être ajusté en fonction des enseignements tirés.

 

Quotes :

Ministre de la Défense et président de la Conférence interministérielle pour la résilience Theo Francken : « Avec la création de la Conférence interministérielle pour la résilience, nous avons franchi une étape importante au cours de cette législature. Je me réjouis donc que, dans le cadre de ce forum, nous soyons parvenus, en collaboration avec toutes les Régions et Communautés, à un accord sur ce plan visant à protéger notre population. Nous démontrons ainsi qu’une approche « whole of government » et « whole of society » est plus qu’un simple slogan. Nous travaillons ensemble, avec tous les gouvernements, et prenons les mesures nécessaires pour renforcer notre résilience et notre défense. Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué à ce plan. » 

Ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Bernard Quintin : « Quand des menaces se présentent face à nous, nous devons être collectivement prêts à y répondre. Chaque niveau de pouvoir – du local au fédéral – a un rôle à jouer dans la chaîne de sécurité. Cette capacité s’appuie sur une coopération sans faille entre l’ensemble des services de sécurité de notre pays, y compris la Défense. Par l'engagement intégré de nos services, nous renforçons notre capacité de dissuasion, mais aussi de réponse face aux menaces hybrides et aux conflits armés. »

Ministre-président du gouvernement flamand Matthias Diepedaele : « Avec le Plan SHIELD, nous renforçons notre sécurité et notre résilience. Pour la Flandre, il ne s’agit pas d’un simple document militaire, mais d’un plan détaillé qui nous permet également de préparer nos propres services, infrastructures et fonctions critiques à faire face à des situations de crise. La Flandre choisit délibérément de ne pas rester en marge, mais de contribuer à définir la manière dont nous nous protégeons contre les menaces de demain. En collaborant de manière proactive avec la Défense, le gouvernement fédéral et les autres entités fédérées, nous veillons à ce que la Flandre soit plus forte, plus alerte et mieux préparée. »

Ministre-président de la communauté germanophone Oliver Paasch : « Les crises de notre époque ne s’arrêtent pas aux frontières des compétences. Il est donc essentiel que tous les gouvernements de notre pays collaborent étroitement et que la société civile soit pleinement associée. La résilience naît là où les responsabilités sont partagées, où la coopération est une réalité et où des solutions communes sont développées. C’est ainsi que nous pourrons rendre la Belgique plus résiliente et plus sûre, et mieux préparer notre pays aux crises futures. »

Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale Boris Dilliès : « La sécurité n'est pas une obligation ; c'est un état d'esprit. Notre capitale internationale et européenne doit pouvoir résister à des crises de toutes sortes. C'est pourquoi nous préparons progressivement nos citoyens, nos entreprises et nos services d'urgence à contribuer activement à la sécurité. Une ville résiliente est une ville plus sûre. »

« La Belgique a désormais un Plan SHIELD. C’est essentiel d’unir l’ensemble des entités de ce pays en vue de se coordonner et de coopérer pour une prise de décision de manière rapide et efficace en cas de crise ou de conflit. La Fédération Wallonie-Bruxelles souscrit pleinement cette dynamique » indique Elisabeth Degryse, Ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ministre-président du gouvernement wallon Adrien Dolimont : « Ce plan précise désormais le niveau d’implication des entités fédérées dans les organes opérationnels, stratégiques et descionnels en cas de crises internationales militaires. Tout comme la Wallonie a développé une stratégie pour son industrie de défense, elle collabore ici aux impératifs de protection des citoyens et du territoire national, grâce à son expertise et gestion des infrastructures. »