Plan opérationnel 2026 approuvé par le Conseil des ministres

« Nous ne pouvons compter sur la solidarité de nos partenaires que si nous jouons nous-mêmes notre rôle en tant que partenaire loyal. Ces engagements reflètent donc la mission fondamentale de la Défense : se préparer au scénario de conflit le plus grave dans le cadre de la défense collective de l'OTAN, protéger notre territoire national et promouvoir la stabilité et la sécurité dans notre voisinage stratégique. Nos militaires sont prêts à réagir rapidement et efficacement à toutes les menaces conventionnelles et hybrides », a déclaré le ministre Francken.

Défense collective et dissuasion

La menace accrue qui pèse sur le flanc est de l'OTAN depuis l'attaque brutale de la Russie contre l'Ukraine et la nécessité de défendre l'ordre juridique international et de protéger nos alliés en Europe de l'Est constituent la priorité opérationnelle absolue à l'étranger. Notre engagement contribue directement aux nouveaux plans de défense et de dissuasion (Deterrence and Defence of the Euro-Atlantic Area).

« Notre présence en Roumanie, en Lituanie et via Air Policing montre que la Belgique prend ses responsabilités pour la défense collective. Il s'agit de contributions concrètes et visibles qui rendent nos alliés plus forts et augmentent notre sécurité », a déclaré le ministre Francken.

En 2026, la Défense réaffirme résolument son engagement dans la défense collective du flanc est de l'OTAN à travers le concept Forward Land Forces (FLF). L'essentiel de cet effort est concentré sur la Roumanie, où le déploiement est parfaitement intégré au Battle Group français. Il s'agit d'une contribution permanente et significative, opérationnelle tout au long de l'année, composée d'un contingent comprenant une compagnie d'infanterie, un peloton du génie, un détachement CSS (logistique) et un détachement spécialisé dans la décontamination CBRN. 

Outre notre déploiement permanent en Roumanie, nous maintenons des troupes prêtes à intervenir rapidement. Ainsi, un bataillon d'infanterie motorisé complet, avec tous les éléments de soutien associés, est en standby pour intervenir en deux vagues pour des opérations de l'OTAN. Cela signifie qu'au total, quelque 1.500 militaires de toutes les forces sont entraînés et prêts à être déployés n'importe où dans la zone euro-atlantique dans un délai de 0 à 30 jours.

De plus, en 2026, la Belgique contribuera activement au renforcement du Battle Group allemand en Lituanie. Elle le fera en déployant un escadron de reconnaissance et un détachement de mortiers pendant une période spécifique. 

En 2026, la Défense intensifiera la protection aérienne du territoire de l'OTAN en menant pour la première fois deux missions cruciales de Air Policing (AP) en un an avec la flotte de F-16. Alors que les années précédentes, l'accent était souvent mis sur une seule mission, la Défense déploiera désormais à deux reprises un détachement de quatre F-16 et d'environ une centaine de militaires. Une mission se concentrera sur le Grand Nord, avec une participation depuis l'Islande. La deuxième mission concerne l'Enhanced Air Policing (eAP), dans le cadre de laquelle la Belgique contribue directement à la sécurité du flanc Est depuis la Lituanie ou la Pologne.

Parallèlement, la Marine joue un rôle essentiel au sein des Standing Naval Forces (SNF) afin d'assurer la sécurité en mer. Un chasseur de mines belge (MCMV) sera opérationnel pendant près de six mois au total dans la mer du Nord et la mer Baltique au cours de deux missions. Ce déploiement est vital tant pour continuer à dissuader l'agression russe que pour remplir la tâche cruciale de protection des infrastructures sous-marines contre les menaces hybrides, telles que le sectionnement des câbles de données et des gazoducs. En outre, une frégate y sera également déployée dans le courant de l'année 2026.

Le soutien aux forces armées ukrainiennes restera une nécessité stratégique en 2026. En effet, l'Ukraine ne se bat pas seulement pour son indépendance, mais aussi pour notre sécurité. La contribution se concentre sur la formation et la coordination dans les cadres internationaux de l'UE et de l'OTAN. La fourniture de modules de formation spécialisés aux militaires ukrainiens est cruciale à cet égard. La Belgique excelle dans les domaines maritime et explosif : notre pays fournit notamment des formations spécialisées sur l'utilisation des chasseurs de mines. 

Sécurité collective et stabilisation

La lutte contre l'immigration illégale, ainsi que celle contre l’extrémisme violent et le terrorisme international, reste une priorité absolue pour notre sécurité collective. « La menace ne s'arrête pas aux frontières de l’Europe. Ce qui se passe en Afrique du Nord, au Sahel et au Moyen-Orient a un impact direct sur les flux migratoires illégaux vers notre pays. C’est pourquoi nous misons sur la stabilité, la lutte contre l’extrémisme et, surtout, l’endiguement des flux migratoires illégaux qui menacent notre sécurité », a souligné le ministre Francken.

La Défense s'engage activement à renforcer la frontière sud de l'UE et de l'OTAN dans la région méditerranéenne. Cela contribue au contrôle de la migration, du trafic d'armes et d'autres flux illégaux. Une nouvelle capacité importante à cet effet est le déploiement du drone MQ-9B Skyguardian. 

Le ministre Francken a ajouté : « Le MQ-9B, avec sa longue autonomie de vol et ses capteurs avancés, sera déployé pour collecter des informations cruciales sur les activités illégales. Cela contribuera directement au contrôle des flux migratoires illégaux et à la détection du trafic d’armes, qui menacent la sécurité européenne. »

Étant donné que nos ports et nos voies d'approvisionnement maritimes constituent l'artère vitale de notre économie, la Marine apportera une contribution substantielle et visible à la sécurité maritime européenne, en mettant l'accent sur les routes commerciales cruciales. Une frégate composée de 180 membres d'équipage sera déployée pendant environ deux mois au profit de l'EUNAVFOR ASPIDES. Cette opération vise à protéger la navigation dans la mer Rouge, le golfe d'Aden et l'océan Indien. 

La présence militaire belge en Afrique vise à renforcer les pays partenaires locaux au Sahel et dans la région des Grands Lacs, en mettant particulièrement l'accent sur les intérêts stratégiques en République démocratique du Congo et au Bénin.

Les effets stratégiques visés par ce déploiement sont multiples. D'une part, cette coopération contribue directement à la stabilisation de régions cruciales pour la sécurité internationale. D'autre part, ces efforts protègent les intérêts opérationnels belges, tels que la sécurité des ressortissants belges et la possibilité de mener des Non-Combatant Evacuation Operations (NEO). 

En outre, cette coopération renforce la position diplomatique de la Belgique en Afrique centrale et confirme son rôle de partenaire fiable. 

Sécurité nationale et résilience

« La protection de notre territoire et le renforcement de notre résilience constituent les fondements du Plan de défense pour 2026, conformément à une approche intégrée ‘Whole of Government’. La Défense continuera à développer son soutien structurel à la Police Fédérale », a ajouté le ministre de la Défense Theo Francken.

Dans le cadre de l'Opération Vigilant Protector (OVP), la Défense prendra en charge la surveillance complète de tous les sites nucléaires de classe 1 (Doel, Tihange, Mol, Dessel, Geel et Fleurus). Il s'agit d'un déploiement structurel essentiel qui allège considérablement la charge de la Police Fédérale. Sous réserve de l’approbation du gouvernement, la Défense se tiendra prête, via l’Operation Urban Shield (OUS), à apporter son soutien au maintien de l’ordre public avec des patrouilles mixtes pour soutenir la police ferroviaire à Bruxelles, et à assurer la sécurité des intérêts juifs à Anvers et à Bruxelles.

Dans le même temps, la Défense restera le « First Responder » de la Nation pour les missions permanentes cruciales. Cela comprend notamment le contrôle de l'espace aérien (Control and Reporting Center/Quick Reaction Alert ou CRC/QRA), les opérations de sauvetage en mer par hélicoptère (Search and Rescue ou SAR) et le service essentiel de déminage DOVO. Pour intervenir rapidement en cas de crises et de catastrophes, telles que des inondations à grande échelle ou des incidents nucléaires, la Défense dispose d'une Compagnie PROTER (Protection Territoriale) et du National Response Detachment (NRD) comme capacité de réaction générique. Cela garantit que les autorités civiles peuvent compter rapidement et efficacement sur le soutien militaire en cas d'urgence.

Enfin, la défense numérique sera renforcée. La Cyber Force contribue à la cybersécurité nationale en apportant son soutien aux autorités compétentes par le biais de la surveillance (notamment de la manipulation d'informations étrangères ou FIMI) et de l'analyse des menaces. En cas de cyberincidents et de crises nationales graves, les Cyber Rapid Response Teams (CRRT) de la Défense sont prêtes à réagir de manière rapide et adéquate.