Le ministre Francken renforce les Special Forces belges avec l'achat stratégique d'avions « SOF Air »
Après des années de sous-investissement, la Défense franchit une étape cruciale dans son réinvestissement. Les nouveaux appareils, qui seront livrés et transformés par le consortium belge SabenaSonaca, comblent une lacune critique dans notre capacité de défense. Là où les gros avions de transport A400M sont trop volumineux, ce type d'avion excelle en termes de flexibilité sur les pistes d'atterrissage courtes et improvisées en territoire ennemi.
Nécessité opérationnelle
Selon le ministre Francken, la nécessité pour nos Special Forces de disposer de leurs propres moyens aériens est incontestable :
« Le monde va mal, et nos Special Forces sont en première ligne pour assurer notre sécurité. Qu'il s'agisse de collecter des renseignements en temps réel, d'évacuer rapidement des blessés ou de soutenir de petites équipes dans des environnements complexes : ces appareils nous permettront d'augmenter considérablement notre capacité d'intervention.
Alors que d'autres pays doivent envoyer différents appareils et capacités avec une empreinte logistique importante, cette capacité flexible permettra de soutenir toutes les missions avec une empreinte minimale. Nos SOF pourront ainsi travailler de manière efficace et discrète.
Une telle capacité de Short Take Off and Landing pour les Special Forces est reconnue par l'OTAN, et la Belgique sera l'un des premiers pays européens à pouvoir y satisfaire. »
Retour économique : investissement dans notre propre industrie belge
Ce dossier s’accompagne d’un retour économique tangible pour notre propre économie. En unissant nos forces avec le consortium belge SabenaSonaca, nous ancrons une expertise technologique de haut niveau et des emplois dans notre pays. Il ne s'agit pas ici d'un simple achat « off the shelf », mais d'un projet d'intégration complexe dans le cadre duquel les appareils de base seront transformés en « Mission Aircraft » de haute technologie en Belgique. Ce développement générera un retour sociétal considérable et renforcera notre autonomie stratégique. Ainsi, chaque euro investi reviendra directement à l'industrie belge de la défense, ce qui renforcera notre position d'acteur innovant sur le marché international de la défense.
Compte tenu du contexte opérationnel militaire sensible dans lequel cette capacité sera déployée, ainsi que des intérêts de sécurité nationale qui y sont liés et qui requièrent une protection particulière, la Défense a, pour cette acquisition, fait usage de l’article 346 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Cette disposition permet également de développer cette capacité opérationnelle critique et essentielle avec le(s) partenaire(s) industriel(s) en toute confidentialité, sans créer de dépendances à l’égard de nos alliés.
Le budget s'élève à 322,3 millions d'euros et couvre l'augmentation des prix des matériaux et la complexité technologique. Il comprend également la formation complète et la requalification de nos pilotes, mécaniciens et personnel technique, ainsi que le soutien de la capacité avec un ensemble de pièces de rechange et de maintenance pour les quatre premières années.