Le Conseil des ministres approuve un partenariat stratégique avec l'ESA pour l'autonomie cryptographique

Aujourd'hui, la Défense dépend largement de la certification étrangère des produits cryptographiques et sécurisés. Cela comporte des risques en termes de manipulation, d'infiltration et de vulnérabilités cachées. Dans un contexte de cybermenaces croissantes, cette dépendance n'est plus souhaitable. Avec la création d'une instance nationale de certification souveraine, la Défense souhaite reprendre le contrôle de la sécurisation des systèmes critiques et se conformer pleinement aux exigences nationales en matière de sécurité.

Le partenariat avec l'ESA crée un cadre clair et cohérent pour le développement de cette capacité et pour de futures collaborations dans le domaine de la recherche cryptographique. La cryptographie est un pilier essentiel de la cybersécurité, comme cela est également confirmé dans la Vision stratégique 2025. « La cybersécurité n'est plus un concept abstrait, mais une véritable condition pour notre puissance militaire et notre sécurité nationale », a souligné le ministre Francken.

Le choix de l'Agence spatiale européenne offre l'accès à une expertise technique de haut niveau, à un cadre juridique et institutionnel solide et à des procédures reconnues au niveau international. En outre, l'ESA garantit la neutralité, la légitimité multilatérale, sans impact sur les programmes ESA en cours.

Le projet renforce les capacités belges existantes dans des domaines tels que l'analyse des algorithmes et protocoles cryptographiques, l'analyse de la sécurité des logiciels et du matériel informatique et l'évaluation des circuits intégrés. Ces derniers sont souvent produits en dehors de l'Europe et peuvent être vulnérables aux attaques sur la chaîne d'approvisionnement. Un Joint Steering Board, présidé par la Force Cyber et auquel participent la Belgique et l'ESA, sera chargé de superviser et de coordonner le projet.

Le partenariat est conçu comme engagement pluriannuel avec un budget estimé à 45 millions d'euros. Le financement s'effectue par le biais de Calls for Funds annuels de l'ESA, seuls les projets approuvés par le Joint Steering Board ayant un impact budgétaire.