La Belgique signe un prêt avec la Commission européenne dans le cadre de l'instrument européen SAFE

Le Plan national d'investissement (PNI) de la Belgique dans le cadre du SAFE, l'instrument européen qui soutient les États membres dans leurs investissements conjoints en matière de défense, a été officiellement approuvé par la Commission européenne, en même temps qu'une première vague de soutien destinée à huit États membres, en janvier 2026. Cet instrument européen dispose d'un budget de 150 milliards d'euros sous forme de prêts et a pour objectif d'approfondir la coopération européenne et de renforcer structurellement l'industrie de la défense.

« Ce Plan national d'investissement n'est pas un simple exercice comptable, mais un choix stratégique pour la sécurité de demain. Nous investissons dans les capacités, dans la dissuasion et dans l'avance technologique. En collaborant avec nos partenaires européens et en misant sur l’espace, les drones, les munitions et les systèmes d’armes modernes, nous renforçons non seulement nos forces armées, mais aussi notre autonomie stratégique. C’est là l’essence même d’une politique de défense crédible », a déclaré Theo Francken.

Pour la Défense, cette approche s’inscrit pleinement dans un cadre familier. Collaborer avec des partenaires européens, mettre en commun des capacités et opérer au sein de structures multilatérales fait partie de l’ADN de notre défense. SAFE ne constitue donc pas une rupture, mais un accélérateur logique d’une réalité existante.

Sur la base de l'analyse européenne des besoins de la Belgique, une enveloppe indicative de 8,34 milliards d'euros a été allouée. En étroite collaboration avec les material resources de la Défense, une sélection de projets éligibles à un financement a ensuite été effectuée, en mettant clairement l'accent sur les achats conjoints avec des partenaires européens et sur une mise en œuvre au cours de la période 2026-2030.

Le Plan présenté prévoit un large éventail d'investissements dans des capacités de défense critiques. La Belgique investit notamment dans des missiles antiaériens de type Piorun pour le Special Operations Regiment et de type Mistral, dans différentes sortes de munitions de précision et de type « loitering » indispensables dans les environnements de combat modernes, dans des achats conjoints de nouveaux véhicules terrestres avec la France, ainsi que dans le renforcement des capacités de drones et des composants de munitions associés pour un déploiement dans des scénarios de menaces hybrides. Par ailleurs, en collaboration avec les Pays-Bas, des investissements sont également réalisés dans des systèmes de défense aérienne tels que NASAMS et Skyranger, qui renforcent considérablement la protection contre les menaces aériennes.

Dans le cadre de la coopération européenne, l’accent est également mis sur une initiative spatiale et satellitaire conjointe avec le Luxembourg, visant à renforcer les capacités de communication et d’observation ainsi qu’à améliorer la situational awareness pour les opérations militaires.

Contexte

L’instrument SAFE (Security Action for Europe) constitue un élément important de la stratégie européenne de défense. Il permet aux États membres d'accéder à des prêts à taux avantageux et de participer à des projets d'appels d'offres conjoints afin de renforcer la défense et la coopération européennes.

Il est entré en vigueur le 27 mai 2025, et dix-neuf États membres, dont la Belgique, ont soumis leurs Plans nationaux d'investissement à la Commission européenne fin novembre 2025. Le 15 janvier 2026, les propositions de huit pays ont été approuvées, dont celle de la Belgique. L'accord a été officiellement signé aujourd'hui, accompagné d'une première vague de financement.

Commissaire Serafin : « La Commission se félicite vivement de la signature de l'accord de prêt SAFE avec la Belgique, car celui-ci soutiendra le gouvernement belge dans ses efforts visant à augmenter les dépenses de défense. Il ne renforcera pas seulement la sécurité, mais soutiendra également l'innovation et l'emploi en Belgique et au-delà. Grâce au programme SAFE, la Commission vise à promouvoir une coopération transfrontalière plus étroite en matière de défense, contribuant ainsi à renforcer la sécurité en Europe tout en réduisant les coûts. »

Commissaire Kubilius : « C’est une grande journée pour la défense belge et européenne. La Belgique fait partie des premiers pays à signer un accord SAFE – vous êtes le cinquième à le signer. SAFE, c’est la solidarité européenne en pratique. Des prêts soutenus par le budget européen pour notre défense et notre sécurité collectives. Une sécurité Triple A dans des conditions Triple A. »