La Belgique renforce ses capacités au sommet de l’OTAN à Ankara avec un système de défense aérienne multicouche de fabrication européenne : Nasams, SkyRangers, radars. Notre industrie en bénéficiera grandement.

En collaboration avec les Pays-Bas, la Belgique acquiert un système moderne de défense aérienne multicouche. L'accord de coopération a été signé aujourd'hui lors du sommet de l'OTAN à Ankara par le Premier ministre Bart De Wever, le ministre de la Défense Theo Francken et la ministre néerlandaise de la Défense Dilan Yeşilgöz.

Le ministre Theo Francken a déclaré : « Après vingt ans sans, la Belgique va, grâce à cet achat conjoint, se doter à nouveau d'une capacité de défense aérienne puissante. Cette étape est essentielle pour la protection de notre population et de nos infrastructures critiques. »

Système de missiles norvégien, canons suisses de 30 mm et radars néerlandais

L'acquisition comprend dix systèmes de défense aérienne NASAMS, quatorze Multi Mission Radars GM200, vingt systèmes SkyRanger 30 sur châssis fixe et 54 véhicules de commandement. Le NASAMS est un système de défense aérienne conçu pour abattre des avions, des hélicoptères et des missiles de croisière à courte et moyenne portée. Le SkyRanger-30 constitue la première couche de défense : il s’agit d’un système de défense aérienne mobile équipé d’un canon de 30 mm, spécialement conçu pour neutraliser, entre autres, les drones et autres menaces volant à basse altitude, tout en protégeant les installations NASAMS elles-mêmes. Afin de mettre en place plus rapidement une première capacité opérationnelle, la Belgique louera en outre temporairement une capacité NASAMS minimale à partir de 2027.

La coopération industrielle européenne comme choix stratégique

Cette nouvelle capacité s'appuie sur la technologie européenne et la coopération industrielle européenne. Le système NASAMS est produit par la société norvégienne Kongsberg Defence & Aerospace, le Multi Mission Radar par Thales Pays-Bas, le SkyRanger-30 par Rheinmetall Suisse et les véhicules par la société italienne Iveco. Cet achat s'inscrit dans le cadre de l'instrument européen SAFE, qui soutient les investissements dans l'industrie européenne de la défense.

Intégration au sein du BENELUX

La Belgique développe cette capacité en étroite collaboration avec les Pays-Bas. Les deux pays utiliseront la même architecture pour la défense aérienne terrestre, ce qui renforcera au maximum la coopération en matière de formation, de maintenance, de logistique et de déploiement opérationnel. Cela augmentera l'interopérabilité au sein du BENELUX, de l'OTAN et de l'Union européenne.

Nos entreprises en bénéficieront grandement.

La valeur totale de cette commande s'élève à 3,1 milliards d'euros, munitions comprises. Mais cet investissement constitue également une formidable impulsion pour notre industrie de la défense :

  • En ce qui concerne le NASAMS, les entreprises belges se chargeront notamment du développement et de la production de composants essentiels des systèmes de lancement, de systèmes de commandement de nouvelle génération, de logiciels et d’électronique intégrée, de displays robustes et de solutions informatiques, ainsi que de solutions de camouflage spécialisées. Cette collaboration s'effectuera notamment avec Feronyl, Tecnolon, ScioTeq, Grimonprez, Advionics, Sonaca, DPM, Sioen et Sabena.
  • Le Multi Mission Radar GM200 de Thales Pays-Bas bénéficiera également d’un ancrage belge solide. Des entreprises belges telles que ACB, Rogers, Materialise, Layerwise et Thales Belgium contribueront à la production de composants radar de haute technologie, de circuits imprimés avancés, à la fabrication additive, à la simulation, à la cybersécurité et aux capacités de maintenance.
  • Pour le SkyRanger-30, des entreprises belges seront sollicitées notamment pour les displays, les composants radar et les activités de maintenance. Parmi celles-ci figurent notamment ScioTeq, Intersoft, Advionics, John Cockerill, MOL et OIP.

Au total, le retour sociétal pour nos entreprises s'élèvera à plusieurs centaines de millions d'euros, voire à plus d'un milliard d'euros si l'on tient compte des effets multiplicateurs.

Le ministre Theo Francken s’est montré satisfait : « Cet achat va générer beaucoup de travail pour notre industrie de la défense. Et pas seulement du travail. Il y aura également un transfert de savoir-faire. Nos entreprises pourront ainsi s'intégrer dans une chaîne de production industrielle très précieuse. Cela ouvre des perspectives pour l'avenir : encore plus de commandes pour nos entreprises et une présence encore plus importante de notre industrie de la défense dans les systèmes de défense aérienne européens. »