Des avions ravitailleurs aux formations de pilotes et à une capacité AWACS propre : la Belgique contribue au renforcement du pilier européen au sein de l'OTAN au sommet d'Ankara
Lors du Forum OTAN des industries de défense, organisé dans le cadre du sommet de l'OTAN à Ankara, la Belgique a signé une série d'accords internationaux et de déclarations d'intention. L'objectif est d'accélérer le développement de capacités « critiques » par les forces armées européennes, afin de renforcer le pilier européen au sein de l'OTAN.
Le ministre de la Défense Theo Francken a expliqué : « Les États-Unis ne cachent pas leur intention de réorienter leurs capacités militaires de l’Europe vers la région indo-pacifique. Les États européens membres de l’OTAN s’y préparent activement. L’objectif final est de parvenir à une « OTAN 3.0 » : une alliance plus équilibrée dans laquelle l’Europe assure en grande partie elle-même sa propre sécurité. Pour certaines capacités (comme la défense aérienne, les communications par satellite, les avions ravitailleurs et les avions AWACS), l’Europe reste pour l’instant dépendante des États-Unis. C’est pourquoi nous devons combler ces lacunes au plus vite. La Belgique a fait aujourd’hui à cet égard, en collaboration avec ses alliés européens, un grand pas en avant. »
Transport aérien stratégique via l'A400M
La Belgique s'est jointe à la Turquie, au Royaume-Uni, à l'Espagne, à la Pologne et à la République tchèque pour signer une déclaration d'intention relative à la coopération autour de l'A400M. La Belgique y contribuera principalement en partageant son expertise opérationnelle, acquise grâce à sa propre flotte de sept A400M et à la coopération BELUX.
Avions ravitailleurs européens
La Belgique collabore déjà avec l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la République tchèque et la Finlande dans le cadre du programme Multinational Multi-Role Tanker Transport (MRTT), au sein duquel les forces aériennes européennes mettent en commun leurs avions ravitailleurs. La participation officielle de la Finlande renforce encore cette coopération. Cela se traduit par une plus grande flexibilité opérationnelle européenne dans les airs et constitue une étape importante vers une plus grande autonomie stratégique.
Capacité AWACS européenne
La Belgique participe, aux côtés du Canada, de l'Allemagne, du Danemark, de la Lettonie, du Luxembourg, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Roumanie, de l'Espagne, de la République tchèque et de la Suède, à l'acquisition conjointe d'un maximum de dix appareils Saab GlobalEye. Ces appareils, basés sur la plateforme Bombardier Global, sont équipés par la société suédoise Saab de systèmes radar et de capteurs avancés destinés à la surveillance aérienne et au commandement. Ces nouveaux appareils renforceront considérablement les capacités de surveillance et de contrôle des alliés européens de l’OTAN, ce qui constitue de nouveau une étape importante vers une plus grande autonomie stratégique européenne.
Coopération pour les matières premières critiques
La Belgique a signé, avec la Suède, la Finlande, l’Italie, la Turquie, le Canada, la Pologne, l’Allemagne, la Grèce, le Luxembourg, l’Espagne, la Slovaquie, les Pays-Bas et la Norvège, un accord visant à renforcer l’accès aux matières premières critiques. Ces matières premières sont essentielles aux systèmes d’armes modernes et à la production de défense. Cette coopération porte notamment sur les achats conjoints, le stockage et la sécurité d’approvisionnement. Sans matières premières critiques, il n’y a pas d’industrie de la défense. Sans industrie de la défense, il n’y a pas de dissuasion crédible.
Défense aérienne contre les drones de bombardement
La Belgique s'est jointe à la Finlande, la Turquie, la Suède, la Grèce et l'Allemagne dans le cadre d'une initiative de l'OTAN visant à renforcer la défense contre les menaces aériennes volant à basse altitude. Il s'agit notamment des drones de bombardement russes à longue portée de type Shahed. Cette coopération porte notamment sur la défense aérienne depuis les airs, les systèmes d’interception économiques et les futures armes à énergie dirigée. L’essor rapide de ces drones rend la coopération européenne de plus en plus importante pour y faire face.
Surveillance aérienne « passive » (non localisable)
La Belgique a également rejoint une coopération avec l’Allemagne, la Finlande, la Norvège, la Turquie, la Suède et la Grèce pour ce que l’on appelle la surveillance aérienne « passive ». Contrairement aux radars classiques, ces systèmes n’émettent pas eux-mêmes de signaux, ce qui les rend indétectables et particulièrement résistants aux brouillages électroniques. Le programme vise à développer à la fois des solutions existantes et des technologies futures pour la surveillance aérienne passive.
Formation commune des pilotes militaires
Au sein de NATO Flight Training Europe (NFTE), la Belgique, aux côtés du Canada, de la République tchèque, de l’Allemagne, de la Finlande, de la France, du Danemark, de la Grèce, de la Hongrie, de l’Italie, du Monténégro, des Pays-Bas, de la Macédoine du Nord, de la Norvège, de la Pologne, de la Roumanie, de l’Espagne, de la Suède, de la Turquie et du Royaume-Uni, a salué la poursuite de l’extension du programme. Avec la participation de la Finlande, de la France et de la Suède, le réseau compte désormais vingt alliés participants. Le NFTE renforce la formation de pilotage militaire européenne en regroupant les capacités de formation, en partageant l’expertise et en optimisant l’utilisation des infrastructures existantes.
Achats conjoints dans le domaine de la défense
La Belgique s’est jointe au Canada, à l’Espagne, à l’Estonie, à la Finlande, à l’Italie, aux Pays-Bas, à la Norvège, à la Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis pour signer une déclaration d’intention visant à mettre en place des « coalitions d’achat » multinationales. En regroupant la demande, en coordonnant mieux les achats et en offrant à l’industrie une meilleure visibilité à long terme, les alliés peuvent étendre leurs capacités de production, répondre plus rapidement aux besoins critiques en matière de capacités et réduire considérablement le délai entre la signature du contrat et la livraison.
Coopération belgo-finlandaise dans l'industrie de la défense
Enfin, la Belgique et la Finlande ont signé une lettre d'intention relative à la coopération dans le domaine de l'industrie de la défense. Les deux pays disposent d'industries de la défense capables et innovantes, qui présentent des points communs évidents et un fort potentiel de coopération fructueuse. En rapprochant leurs entreprises et leur expertise, la Belgique et la Finlande renforcent leur base industrielle et leur résilience.
Par cette série d’initiatives, la Belgique confirme son ambition de jouer un rôle de premier plan dans la quête d’une plus grande autonomie stratégique européenne. Demain, deux autres accords importants seront signés à Ankara : l’un avec les Pays-Bas pour l’acquisition conjointe de batteries antiaériennes NASAMS et Skyranger, et l’autre avec la Bulgarie pour le transfert de chasseurs de mines belges, afin d’améliorer la sécurité de la marine marchande en mer Noire.